Ulyces : « On aime raconter des histoires extraordinaires »

Quoi de plus agréable que de se plonger dans une longue et belle histoire ? Les cinq éditeurs d’Ulyces l’ont bien compris et parient sur le long-format web avec la collaboration d’auteurs français et internationaux. Un concept qui compte aussi sur l’investissement financier des lecteurs.

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Ulyces est ouvert depuis juillet. Comment est née cette idée d’un site de journalisme narratif ?

Nicolas Prouillac, éditeur d’Ulyces : « Nous sommes cinq éditeurs et tous de grands lecteurs de la presse américaine. Là-bas, le journalisme narratif est un genre beaucoup utilisé sur papier mais aussi sur internet. En France, assez peu de magazine le permettent et encore moins de sites web. Du coup, on s’est posé deux défis : créer une interface numérique pensée pour une lecture agréable de très longs textes et proposer les choses qu’on aime, toutes ces histoires qu’on adore. »

La revue XXI s’est imposée comme un poids lourd dans le domaine du « journalisme long ». Pensez-vous qu’il reste une place pour Ulyces ?

« C’est vrai que XXI est le patron dans le domaine. Mais d’une part ils ne sont pas sur internet – donc ça nous laisse le champ libre – et d’autre part d’autres aventures ont marché dans ce style-là, comme Long Cours ou Feuilleton. Je crois qu’il y a un mouvement de la presse papier et numérique vers des choses un peu plus longue. C’est ce que fait Le Quatre heures, qui est plus sur du reportage multimédia, ou So Film et So foot. Il y a une volonté de raconter l’info. »

Qui sont les auteurs ?
« Ils sont nombreux ! Potentiellement on peut en avoir une infinité, comme nous en en contactons souvent de nouveaux, comme peut le faire une maison d’éditions.
Un quart des histoires sont françaises, le reste sont des publications déjà parues dans des médias anglo-saxons. Mais travailler avec des journalistes internationaux, c’est un chemin de croix. On a dû bosser deux ans avant de se lancer, le temps de rentrer en contact avec les auteurs, les médias, les agents… Aujourd’hui, on doit approcher de la centaine d’auteurs sur le site. Et pour ceux qui veulent nous envoyer un synopsis, il y a un formulaire pour ça en ligne sur le site… »

Comment fonctionnez-vous économiquement ?
« On s’est lancé sur fonds propres, pour le moment nous ne sommes pas à l’équilibre économique. Mais on s’est donné un sursis d’un an pour y parvenir. L’objectif, c’est 3000 abonnés.
Chaque article peut être acheté à l’unité, 2,49 €. L’abonnement mensuel est à 5,49 €. On laisse chaque fois un ou deux chapitres de chaque article disponibles gratuitement pour que le lecteur puisse se faire une idée avant. On a désormais une base de 150 histoires. Soit des heures et des heures de lecture ! »

Toutes les histoires ont leur place chez Ulyces ?
« Lundi on publiait un portrait de Malala (Ndlr : la Prix Nobel de la Paix) écrit par Marie Brenner, une grande journaliste américaine de Vanity Fair, le lendemain on publiait un long récit de voyage d’Anne-Lise Tolly, qui est journaliste en presse régionale et dont c’est le premier long texte publié.
Les deux lectures sont passionnantes ! Notre seul critère est qu’il faut que ce soit à la fois original et extraordinaire. On ne veut pas rester dans le récit anonyme, trop intime, ou le récit de voyage classique. Le texte d’Anne-Lise, par exemple, raconte son immersion sur un navire marchand sur l’Atlantique. C’est une histoire extraordinaire mais avec des vrais gens, des faits qui se sont réellement passés et son texte apporte énormément d’infos sur l’univers de la marine marchande. Moi, ça me transporte ! »

Leïla Marchand

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